Comment jouer serré au poker

Jouer du Poker Serré

Jouer du Poker SerréJouer Serré

La plupart d’entre vous – vous tous probablement – avez vu un tableau affichant les mains de départ que les débutants devraient jouer. Certains tableaux sont assez complexes, prenant chaque position en considération, prenant les actions des autres en considération et plus. Certains sont l’opposé – extrêmement facile à lire, mais pas très détaillé. Le tableau de l’annexe du Guide de Poker En Ligne fait partie de cette deuxième catégorie. J’ai parlé des concepts avant le flop dans un autre article, plus spécifiquement en ce qui concerne l’équité et les cotes implicites. Cependant, cet article se concentrera sur quelque chose d’autre : Pourquoi les conseils aux débutants sont aussi serrés.

Si vous demandez à un joueur expérimenté de poker d’énumérer la liste des 10 meilleures mains, il énuméra probablement celles-ci :

  1. AA
  2. KK
  3. QQ
  4. AK assortis
  5. JJ
  6. TT
  7. AK non-assortis
  8. AQ assortis
  9. 99
  10. AQ non-assortis

L’ordre exact de ces mains peut être débattu, et certains joueurs diront que les pairs dans le trou comme 88 se classent plus haut que des cartes non-assorties comme AQ, ou que JJ se classe devant AK assortis, mais la liste est assez proche de la réalité. Maintenant, quelle est la caractéristique principale pour énumérer ces mains ? C’est l’équité ; nous regardons quelles mains ont le plus de chance de gagner, et les paires d’as sont au-dessus de cette liste, suivi de proche par KK. Par contre, dans certains tableaux de mains de départ, vous remarquerez que quelque chose d’assez bizarre se passe : Certains disent que AK assortis est meilleur que QQ. Ou du moins une meilleure main que une paire de dix ou de neuf. Et je n’ai jamais vu un tableau de mains de départ qui classe AK assortis plus bas qu’une paire de deux. Pourquoi est-ce bizarre ? Parce que 2-2 est en fait un favori contre AK assortis – pas un gros favori, mais tout de même un favori. Alors, pourquoi la liste est-elle comme ça ?

Et bien, il y a quelques facteurs. L’un d’eux est que des gros connecteurs assortis comme AK assortis et AQ assortis se jouent mieux que 4-4 dans un pot avec plusieurs joueurs, et ils gagnent généralement de plus gros pots que des petites paires dans le trou (à l’exception d’une paire dans le trou qui frappe son set), car généralement les gens n’appellent pas souvent jusqu’à la rivière avec quelque chose qu’une paire de trois ou quatre peut battre. Par contre, si le pot est tête-à-tête, si vous êtes la grosse mise forcée et seulement la petite mise forcée a suivi – quelles mains devriez-vous relancer avec ? La liste ci-dessus sera probablement toujours celle qui est recommandée, même si les petites paires dans le trou ont de plus grandes chances de gagner à moins que la petite mise forcée a une paire dans le trou plus haute. Mais pourquoi ?

Parce les petites et moyennes paires dans le trou sont beaucoup plus difficiles à jouer sur et après le flop. Plus précisément, elles sont des mains qui induisent beaucoup d’erreurs lorsque vous les avez. Pour comprendre cela, vous devez comprenez le Théorème Fondamental de Poker – la vérité stipulée de Sklansky, du livre Theory of Poker – qui dit que, et je paraphrase, vous faites de l’argent lorsque vos adversaires font des erreurs, et ils font de l’argent lorsque vous faites des erreurs. Une « erreur » est définie ici comme jouer une main différemment de la manière que vous l’auriez jouée si vous saviez ce que votre adversaire avait. Et il est facile de faire des erreurs avec des petites paires dans le trou :

Disons que vous êtes sur la grosse mise forcée, la petite mise forcée suit, et vous relancez avec 4-4. Le flop tombe 9-8-J, deux cœurs. La petite mise forcée passe.

  • Question numéro 1 : Misez-vous ? Si vous savez que votre adversaire a manqué le flop complètement, oui. Si vous savez qu’il a une paire, probablement pas (à moins que vous sachiez qu’il est susceptible de coucher la deuxième ou troisième paire avec un mauvais acolyte). Vous pouvez voir comment il est facile de faire une erreur ici – une fois sur trois, si votre adversaire a des cartes aléatoires, il aura frappé quelque chose sur le flop. Une fois sur trois, vous ferez une erreur sur ce flop. Et les erreurs, tel que mentionné plus haut, vous coûtent de l’argent.

Cependant, vous avez les statistiques de votre côté, alors disons que vous misez. Votre adversaire re-relance!

  • Question numéro 2 : Uh oh, et quoi maintenant ? Ici, votre adversaire peut avoir une variété de mains. Il pourrait être en train de se dire « je ne le crois pas » à propos de votre mise sur le flop, pensant qu’il est plus probable que c’est une mise de continuation avec une main comme AK (ou possiblement avec une main beaucoup plus faible que ça), alors qu’il tient lui-même une main qui a frappé une paire avec n’importe quelle des trois cartes sur le flop. Ou, il pourrait être astucieux, et en fait vous relancez sur un semi-bluff avec une main qui contient un 10 ou peut-être un tirage à la couleur. Ou, il tente peut-être de voler le pot (se disant encore que vous avez manqué aussi) avec absolument rien comme 52 assortis. Vous ne pouvez pas le savoir. Maintenant, il est extrêmement difficile de ne pas faire d’erreurs.

Mais s’il ne fait qu’appeler sur le flop ? Misez-vous encore sur le tournant ? Vous pouvez voir comment cela tourne rapidement en un vrai dilemme où il est très probable de faire pleins d’erreurs, et – selon le Théorème Fondamental – perdre de l’argent. Mais cet article n’est pas un enseignement sur comment jouer des mains marginales après le flop.

Non, je me suis concentré sur les petites paires dans le trou, parce que cela m’a permis de faire passer mon point principal – j’y arrive, je le promets – avec un exemple facile ; le même raisonnement fonctionne avec toutes mains faibles, mais avec une équité positive, comme les connecteurs assortis moyens, as-pacotille, et même avec plus faible que ça. Si vous pouviez jouer toutes ces mains parfaitement, vous feriez une tonne d’argent, mais vous ne le pouvez pas. Jouer JT parfaitement sur un flop de K-T-7 est difficile, lorsqu’on vous relance. Vous pourriez appeler, bien que vous soyez très en arrière d’une paire de rois, ou vous pourriez vous coucher, bien que vous soyez en avance sur un tirage.

C’est pourquoi jouer serré est une bonne chose. Parce que lorsque vous jouez les mains excellentes, vos décisions sur le flop deviennent beaucoup plus facile, et lorsque vous avez des décisions faciles à faire, vous faites moins d’erreurs. Moins d’erreurs signifient plus d’argent. Bien sûr, il y a un désavantage à cela : Lorsque vous couchez QJ avant le flop, il est possible que vous couchiez la meilleure main – il est possible que votre QJ ait en fait la plus haute équité des mains données, alors vous avez fait une erreur, et vous vous êtes coûté de l’argent. Mais, et c’est là la clé de cet article au complet, le point que je voulais faire : L’erreur que vous faites avant le flop en couchant une main qui n’est pas excellente est petite en comparaison avec les erreurs après le flop que vous êtes susceptible de faire avec la même main. La plupart des bonnes, mais pas excellentes, mains sont seulement des favorites par un faible pourcentage, souvent se traduisant en quelques sous de pertes de gains. Mais, coucher la meilleure main sur le flop peut se traduire en plusieurs mises, comme le peut appeler avec la pire main. Pour les non experts – et cela veut dire la plupart d’entre nous – exercer une sélection serrée de mains avant le flop signifie que l’on fait moins d’erreur et plus d’argent.

Jouer des mains marginales est la crème des joueurs experts de poker. Mais même les experts font des erreurs avec ces mains, mais ils peuvent jouer des mains supplémentaires parce qu’ils font les bons jeux assez souvent pour faire un profit avec ces dernières. Par contre, le profit qu’il gagne de ces mains marginales est exactement ça : Marginal. Ils font un peu d’argent avec ces mains, mais c’est loin d’être autant qu’avec les mains excellentes, et cela est vrai pour tous les joueurs de poker, experts et débutants : Les grosses sommes sont faites avec des grosses mains de départ. En sachant cela, on peut facilement voir que jouer serré et attendre pour les mains excellentes est (tant que vous avez des adversaires qui ne font pas la même chose) un concept gagnant.

Conclusion

En conclusion, je me sens obligé de rajouter cela : Pendant que votre opposition devient plus forte, il est possible que vous ne puissiez plus vous permettre de jouer dans les situations confortables. Pour être un gagnant consistant contre les joueurs décents, vous allez devoir apprendre comment jouer de plus en plus de mains marginales. Le premier pas vers cela est souvent d’apprendre à jouer une main comme AK sur un tableau de pacotilles. Ensuite, comment jouer une paire moyenne contre deux autres joueurs, et ensuite… Vous comprenez ce que j’essaie de dire. Mais pour battre les parties à basses limites remplies de mauvais joueurs, vous pouvez vous asseoir confortablement et jouer des mains excellentes, en sachant que vous n’aurez pas à prendre de décisions difficiles souvent avec ces mains. Parce que, et j’espère que vous me pardonnez de me répéter, les décisions difficiles signifient plus d’erreurs, et plus d’erreurs signifient moins d’argent.

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